Forum sur l'oeuvre de Francis Cabrel

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    ITV 23 Septembre 2006

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    Mina
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    ITV 23 Septembre 2006

    Message par Mina le Dim 24 Sep 2006 - 14:01

    «Il est peut-être trop tard pour que j’évolue»


    Bientôt trente ans qu’il a sa place dans le trafic. Presque trente ans qu’il égrène ses mélodies soyeuses, accroché aux hanches de sa télécaster (sa guitare). Et parce que la vie lui donne ce qu’il attend d’elle, Francis Cabrel conjugue le naturel et la discrétion sans jouer à la star. Interview en toute décontraction dans le cadre enchanteur de l’hôtel Dinarobin, au Morne.



    Vous vivez presque en reclus, pourtant, vous restez l’un des chanteurs préférés des Français et des francophones. Comment l’expliquez-vous ?

    C’est la preuve selon moi que l’on peut exister avec peu de promotion et surtout sans la presse à sensation. Je vais vers les passerelles de promotion uniquement lorsque j’ai une actualité artistique.


    Vous aimez vivre en dehors du système ?

    Je ne vis pas en dehors du système, je dirai plutôt que je fais le choix de rester loin de toute cette agitation.


    Vous renvoyez une image de bon fils et père de famille. Vous aimez cette image de «politiquement correcte » ?

    Cela me ressemble d’être naturel. Mes ancêtres sont Italiens, c’est une nation de romantiques. Je suis quelqu’un de sensible, tout simplement. En restant simple, on peut faire passer davantage de choses.


    On dit de vous que vous êtes « constant » et « discret ». Est-ce une juste définition ?

    Dans ma musique, je pense ne pas avoir beaucoup évolué. J’aime la musique et la mélodie. J’ai ma façon de travailler et de concevoir ma musique. J’évolue peut-être pas beaucoup c’est peut-être trop tard car je pense qu’il faut être jeune et avoir cette envie, cette énergie de vouloir tout bousculer dans la musique.


    On vous voit en revanche dès qu’il y a une noble cause à soutenir…


    On le doit à la société dans laquelle nous vivons. En tant qu’artiste, je pense que la vie est souvent trop agréable avec nous. Nous recevons tellement qu’il faut également savoir donner. Cela ne sert à rien de faire de l’art si on reste un être inutile qui s’enferme chez lui.


    Et de temps en temps vous sortez une petite pique contre une certaine indifférence du monde

    Parler uniquement d’amour ne suffit pas pour faire un album. Un artiste doit avoir un avis de citoyen. Quand j’écris une chanson, il y a des choses qui me préoccupent au détour d’une phrase. J’ai alors un avis à donner, même si ça ne va malheureusement rien changer.


    Pensez-vous qu’il vous reste encore des choses à écrire et à chanter sur l’amour ?

    C’est jamais fini je pense. 85% des chansons, des poèmes, des écrits, parlent d’amour et cela dans toutes les langues. On sent bien que c’est pour l’éternité, sinon on finirait amer.


    «Je n’ai jamais
    rien pris pour
    acquis, même
    si aujourd’hui
    je suis moins
    exigeant sur les
    mélodies.»


    Au fil de votre longue carrière, vous ne vous êtes jamais contenté de la facilité…


    Je n’ai jamais rien pris pour acquis, même si aujourd’hui je suis moins exigeant sur les mélodies. Quand j’écris, j’aime jouer avec les mots et les phrases. C’est une précision d’artisan, un travail littéraire qui demande infiniment de patience. Il n’y a cependant aucune règle. Je pense que le plus dur c’est de tenter de paraître naturel d’abord et de le rester ensuite.


    Auriez-vous aimé être un chanteur du quotidien ?

    Beaucoup, à la manière d’un Vincent Delerm qui raconte des petites histoires bien ficelées. Moi, je suis davantage dans les métaphores et dans la poésie.


    De votre vaste répertoire, quelles sont vos chansons préférées ?


    Je les aime toutes car elles ont toutes été faites dans la douleur. A présent, il y a celles que le public préfère et je respecte cela.


    C’est grâce à un radio crochet que vous vous êtes fait connaître. Pourtant, vous ne cautionnez absolument pas les concours télévisuels actuels. Pourquoi ?

    Je n’ai aucun avis sur la question parce que je ne regarde jamais ces émissions. Je me méfie de ces personnes importées et un peu artificielles.


    Malgré votre carrière bien remplie, le succès vous importe peu dit-on. Est-ce vrai?

    Je me dis que je ne me suis pas mal débrouillé. C’est agréable le succès, mais c’est un métier dans lequel il y a beaucoup d’artifices. Je reste le plus proche des gens et des choses simples.


    Vous êtes alors un homme heureux ?

    Je n’aime parfois pas le côté répétitif de ce métier, en revanche, je suis en bonne santé et ma famille aussi. J’aurais tort de me plaindre. J’ai ce privilège de faire un métier que j’aime et de pouvoir voyager souvent. Alors oui, je suis un homme heureux !

    Martine LUCHMUN

    Invité
    Invité

    Re: ITV 23 Septembre 2006

    Message par Invité le Mar 26 Sep 2006 - 23:55

    c'est tout lui Wink
    pourquoi évoluer, on l'aime comme il est lol!

      La date/heure actuelle est Dim 23 Avr 2017 - 22:40