Forum sur l'oeuvre de Francis Cabrel

Pour discuter de ses albums, de sa carrière d'artiste...


    Cent ans de plus

    Partagez
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Cent ans de plus

    Message par Mina le Jeu 29 Juin 2006 - 23:21

    Cent ans dans la peau de l'esclave
    Et juste après cent ans de plus
    Chercher des miettes sous les tables
    Avant que les blancs ne marchent dessus
    Dormir sur des paquets de planches
    Chanter seulement le dimanche

    Tu vois la femme noire
    Dans le rôle de la bonne
    Avec tout à côté
    Tout tordu son bonhomme

    Après ça faut pas que tu t'étonnes

    C'est Eux qui ont fait
    Eux qui ont fait
    Son House et Charlie Patton
    Howlin' Wolf et Blind Lemon

    Bien rouge le sang de l'Afrique
    Sur la jolie fleur du coton
    La toute nouvelle Amérique
    La belle démocratie "Welcome"
    Bateaux déportant les villages
    Au bout de l'immense voyage
    Gravé dans la mémoire
    Pour des années-lumière
    Chaque larme d'ivoire
    Chaque collier de fer

    Après ça faut pas que tu t'étonnes

    C'est Eux qui ont fait
    Eux qui ont fait
    Son House et Charlie Patton
    Howlin' Wolf et Blind Lemon

    Toujours plaire aux marchands de fantômes
    Elle qu'on achète et lui que l'on donne
    Naître avec la peine maximum
    Toujours vivant dans ce que nous sommes
    Peuple interdit du reste des hommes
    Cherchant le bleu de l'ancien royaume

    Eux qui ont fait faut pas que ça t'étonnes

    Son House et Charlie Patton
    Blind Blake et Willie Dixon
    Ma Rainey et Robert Johnson
    Howlin' Wolf et Blind Lemon...

    Son House et Charlie Patton
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 13:48

    Qui sont-ils? Wink

    Son House:




      Eddie James House Jr le 21 Mars 1892 à Riverton, Mississippi.

      Bien qu’il prenne rang parmi les géants fondateurs du Delta Blues, il a commencé par être pasteur et n’a appris vraiment la guitare que dans les années 20. Sa composition favorite, le très autobiographique (Preachin’ the blues), décrit avec force ses sentiments contradictoires. Après une peine de bagne pour meurtre, Son House rencontre en 1930 Charlie Patton qui l’entraîne avec lui, Willie Brown et la pianiste Louise Johnnson dans les studios du Nord où il réalise une série de disques pour le label Paramount. House enregistre trois de ses blues-sermons en deux parties chacun My black mama, Dry spell blues et Preachin’ the blues, chefs d’oeuvre de passion où font merveille son chant vibrant et son jeu de boottleneck rageur. Ces disques ne rencontrent qu’un modeste succès mais permettent à House, en compagnie de Willie Brown, de silloner le Delta.

      Il donne au passage leurs premières leçons de guitare (il est le compositeur probable de Walking blues) à Muddy Waters et Robert Johnson. Mais House n’enregistre de nouveau qu’en 1941 et 1942 lorsque les Lomax passent le Sud au peigne fin pour la Bibliothèque du Congrès. C’est Muddy Waters qui guide les ethnomusicologues vers Lake Cormorant où réside House. Ces copieuses séances d’enregistrement comptent encore parmi les meilleures réussites du Delta Blues.

      En 1943, House part vers le Nord, pour la petite ville de Rochester dans l’Etat de New York, tente de jouer dans le quartier noir de la ville mais son style rural ne correspond guère aux aspirations des auditeurs de cette cité.

      En 1948, Son abandonne la musique et va vivre de divers métiers manuels. Sans qu’il le sache, ses disques sont adulés par les jeunes Yankees du folk boom. C’est Alan Wilson, l’harmoniciste du groupe Canned Heat, et Bob Hite qui le redécouvrent en 1964. A ce moment-là, House vit en semi-reclus, alcoolique et n’a plus de guitare... Dopé par ses nouveaux fans, surtout par Alan Wilson qui sera pour lui une sorte d’ange gardien dans toutes ses tournées, Son House récupère ses moyens.

      Il triomphe au festival de Newport et ceux qui ont eu la chance d’assister au concert parisien de l’American Folk Blues Festival 1967 se souviennent de sa formidable performance, notamment lorsque la sonorisation lâcha. Complètement impliqué dans son blues, Son House ne remarqua même pas l’incident technique et continua son chant véhément et son boottleneck puissant sur sa National.

      En 1971, ses capacités physiques déclinant beaucoup, Son House décide de se retirer, non sans avoir enregistrer plusieurs albums, dont le mémorable Fathers of the Delta Blues.

      Mort le 19 Octobre 1988 à Détroit, Michigan.


    http://www.adil-blues.com/collection/biographie-son-house.php


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 13:57

    Charlie Patton



      Charlie PATTON est né à Hinds Country dans l'Etat du Mississippi en Avril 1891.
      Des veines de son sang mêlé entre indien, black et blanc coulera sa Blues Music créant ainsi sa propre identité de Blues Man. Ayant connu et grandi dans la Dockery's Plantation, ce musicien osera dire les mots qui dérangent lors qu'on naît trop noir dans un pays trop blanc. Musicien hors pair il joue aussi bien de la Country Music appellée déjà "Le Blues des Blancs" que des Ragtimes. Son mots sont souvent crus, et sa voix terreuse et rockailleuse reflètent des périodes difficiles d'une vie plus que dure de cette époque.
      Charlie Patton a défini la vie d'un bluesman. Il a bu et a fumé plus qu'il n'en faut parfois. On dit qu'il a eu au total huit épouses. Il a été emprisonné. Il a voyagé énormement pour ne pas rester dans un même endroit trop longtemps.
      Son style de guitariste se fait remarquer lorsqu'il joue sa guitare derrière la tête, sur les genoux ou s'en sert comme d'un tambour ou autre percussion. Peut-être que son âme était bien proche de celle d'un certain Johnny Allen Hendrix plus connu sous le nom de Jimi Hendrix (né à Seattle le 27 novembre 1942 et décédé à Londres le 18 septembre 1970), lui même Blues Man avant de vouloir se trouver vers le Jazz, et métisse noir par son père et cheerokee par sa mère.

      L'influence du talent de Charlie Patton est immense. Hormis peut-être pour ce qui est de Blind Lemon Jefferson , il semble avoir été un modèle avec son Style de Blues pour d'autres Bluesmen comme Son House, Howlin' Wolf, John Lee Hooker et même Robert Johnson.

      Son dernier titre Oh Death semble prémonitoire car il l'a enregistré à New York au début 1934, alors qu'il est était déja malade, et qu'il est mort le 28 Avril 1934 près d'Indianola dans le Mississippi.


    http://www.manytoo-blues.com/charliepatton.html


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 14:03

    Howlin' Wolf



      Howlin’ Wolf, (né le 10 juin 1910 dans le Mississippi et mort le 10 janvier 1976 dans l'Illinois) de son vrai nom Arthur Chester Burnette, est un musicien de blues américain.

      Initié à la guitare par Charley Patton à la fin des années 1920 et à l'harmonica par Sonny Boy Williamson II au cours des années 1930, ce n'est qu'en 1945, après une jeunesse passée dans les champs de coton et quatre années de guerre sous les drapeaux, qu'Arthur Chester Burnette décide de se consacrer à la musique.

      L'un des premiers guitaristes à utiliser une guitare électrique, il forme un groupe à Memphis en 1948 et prend le nom de Howlin' Wolf. Il enregistre ses premiers titres en 1950-1951, parmi lesquels How many more years, Dog me around et Crying at daybreak. En 1952, ayant décidé de se consacrer uniquement au chant, il part pour Chicago où il est l’un des fondateurs du Chicago blues.

      À partir de cette date, il enregistre de nombreux titres pour la maison de disques Chess Records, dont Evil, I'm the wolf, Smokestack lightnin et Sittin' on top of the world. Willie Dixon, le compositeur et arrangeur attitré de Chess, lui écrit également plusieurs titres qui seront des succès et restent des classiques du blues : Wang dang doodle, You’ll be mine.

      Sa carrière décline progressivement dans la fin des années 1950 en raison du changement des goûts musicaux du public noir. Il est sorti de la semi obscurité grâce au support des groupes anglais de rythm and blues du début des années 1960, notamment les Rolling stones qui reprirent entre autres son titre Little Red Rooster.

      Il continue sa carrière jusqu'à sa mort, apprécié du public blanc et reconnu comme l’une des grandes figures du Blues contemporain.


    [url]http://fr.wikipedia.org/wiki/Howlin'_Wolf[/url]



    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 14:11

    Blind Lemon Jefferson



      Né en septembre 1893 ( et aussi en Juillet 1897!!!) à Couchman, Texas.

      On ne sait pas grand chose sur la vie de ce musicien. Ses dates de naissances et de décès ne sont pas connues de manière certaine. Pour certains il est mort de froid en se perdant dans Chicago une nuit d'hiver, pour d'autres il est mort dans de mystérieuses circonstances...

      Il fut aveugle de naissance ( et même un peu plus tard selon d'autres sources...). En fait il possédait comme Sonny Terry une vision très réduite. D'où le fait qu'il portait non pas des lunettes noires, mais des verres clairs.
      Il joua très jeune dans les rues de sa ville pour les parties, picnics et bals. En 1917 il quitta Couchman pour Dallas, plus précisément Deep Ellum, quartier noir de cette ville texane. A Dallas il se fit assez de pourboires et d'oboles pour nourrir une femme et un enfant. C'est à Dallas qu'il rencontra T-Bone Walker avec lequel il se produisit souvent. Il pouvait jouer un peu de tout, étant à ses débuts plus un songster qu'un bluesman. Son blues était d'ailleurs influencé par toutes les musiques du Texas, aussi bien le folk que la musique mexicaine et ses arpèges de guitare.

      Remarqué par Sammy Price un pianiste de Dallas, il partit enregistrer à Chicago pour Paramount en 1925. Il grava sur microsillons aussi bien du blues que du gospel. Pour la partie religieuse de ses enregistrements il prit le nom de Deacon L.J. Bates. En Avril 1926 furent commercialisés deux titres, Booster Blues et Dry Southern Blues, qui eurent tout de suite un beau succès. Chacun de ses diques étant bien distribué aux Etats Unis, il fut rapidement connus de tous les amateurs de blues. Il enregistra plus de 80 titres. Malgré cette renommée il fut mal payé par Paramount.

      Sa vie privée est décrite comme dissolue. En 1929, l'année de sa mort, il était un gros buveur. Le fait qu'il soit mort perdu est peut être du à son gout pour la bouteille.

      L'impact de Blind Lemon Jefferson sur la musique blues est énorme. Il a influencé B.B. King, Lightnin' Hopkins et bien d'autres, et ce aussi bien par la richesse de son jeu que par la créativité qu'il mettait dans les textes de ses morceaux.

      Mort le Décembre 1929 à Chicago.


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 14:16

    Blind Blake



      Arthur "Blind" Blake (né vers 1893 à Jacksonville en Floride et mort vers 1933) était un chanteur et guitariste de blues très influent. Il est souvent appelé « The King Of Ragtime Guitar ».

      La vie de Blind Blake est très mal connue. Son lieu de naissance, Jacksonville, indiqué par Paramount Records reste un sujet de dispute. Même son nom pouvait porter à confusions. Les noms figurants sur les droits d'auteurs de ses chansons sont des variantes de Blind Arthur Blake bien que certaines personnes pensent qu'il soit né Arthur Phelps ce que Blake dément.

      Ses premiers enregistrements datent de 1926 et se vendent bien. Son premier enregistrement solo est Early Morning Blues avec West Coast Blues sur la face B. Ces deux titres sont de très bons exemples de son style.

      Blake enregistre sa dernière chanson en 1932 qui termine sa carrière en raison de la faillite de Paramount.

      À la fin de sa vie, Blind Blake buvait beaucoup et il est possible que cela ait conduit à sa mort qui comme le reste de sa vie reste mal connu

      Blind Blake enregistra environ 80 titres pour Paramount Records à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Il est un des guitaristes les plus accomplis dans son style avec une variété dans sa production surprenante. Son jeu au doigt (finger picking) complexe et intriguant a inspiré le Reverend Gary Davis, Jorma Kaukonen, Ry Cooder, Ralph Mctell et beaucoup d'autres.

      Il est également admis que ses enregistrements tardifs n'ont pas l'éclat des premiers.

      Il reste célèbre pour son son de guitare si particulier et comparable tant au niveau du timbre qu'au niveau du rythme à un piano ragtime


    http://fr.wikipedia.org/wiki/Blind_Blake


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 15:41

    Willie Dixon



      Né le 1er Juillet 1915 à Vicksburg, Mississippi.

      Willie Dixon fut d'abord influencé par sa mère, qui faisait de la poésie religieuse, et par les groupes de gospel locaux. Mais contrairement à d'autres artistes, c'est la boxe qui le fit aller à Chicago. Il y arriva en 1936 et devint un an plus tard Illinois State Golden Gloves, champion poids lourds dans la catégorie novice.

      Sa carrière de sportif s'arrêta après quatre combats à cause de problèmes d'argent avec son manager.

      En 1939 il commença sa carrière de musicien, jouant de la contrebasse avec les Five Breezes et le guitariste Leonard "Baby Doo" Caston. Le groupe joua dans les clubs de Chicago et fit quelques enregistrements, jusqu'en 1941. A cette époque Willie Dixon refusa de participer à la Seconde Guerre mondiale et fit de la prison comme objecteur.

      A sa sortie de taule en 1945 il monta le groupe les Four Jumps of Jive. Ils jouaient régulièrement dans les clubs de Chicago et enregistrèrent pour Mercury. La même année il forma le Big Three Trio avec le guitariste Bernardo Dennis, qui fut plus tard remplacé par Ollie Crawford. Ils enregistrèrent pour Bullet Records et en 1947 pour Columbia Records.

      Leur activité dura jusqu'en 1952. Pendant ce temps Willie Dixon joua aussi avec d'autres musiciens comme Muddy Waters. Jouant un soir au Macomba Lounge, Dixon rencontra Phil et Leonard Chess qui venait de créer Chess Records. Après la séparation du groupe, Willie Dixon joua pour les frères Chess jusqu'en 1957. Pendant cette période il composa des morceaux pour d'autres, Muddy Waters et Howlin' Wolf.

      Il contribua à des morceaux comme Hoochie Coochie Man, I Just Want To Make Love To You, Evil, Spoonful, ou My babe. My babe fut en 1955 son premier grand succès. Joué par Little Walter à l'harmonica, ce morceau fut un hit repris par de nombreux musiciens. Ma version préférée est celle de Luher Allison sur son disque Live in Paris.

      En 1957 Dixon fonde le label Cobra avec un bandit qui finit dans le lac Michigan. Il va travailler pour son label pendant deux ans, avec des artistes comme Buddy Guy et Otis Rush.

      Il repris ses activités avec Chess Records en 1959. A partir de là il fait des tournées un peu partout, aux USA et en Europe pour entre autres le American Folk Blues Festival. Il fond le Chicago Blues All-Stars avec lequel il tourne longtemps.

      En 1989 il sort le livre I Am the Blues écrit avec Don Snowden. En 1990 il comence à jouer moins avec le Chicago Blues All-Stars à cause de problème de santé.

      Il meurt d'une maladie du coeur le 19 Janvier 1992.


    http://www.adil-blues.com/collection/biographie-willie-dixon.php


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 15:45

    Ma Rainey



      Née Gertrude Pridgett le 26 Avril 1886 à Columbus, Georgie.

      Si Bessie Smith était l' impératrice du Blues, Ma Rainey en fut l'incontestable Mère et la véritable première vedette du genre. elle commence vers 14 ans à monter sur les planches. Elle joue la comédie, danse et chante dans un spectacle itinérant de vaudeville. En 1902, elle entend dans le Missouri une étrange complainte égrenée par une jeune fille, qui la bouveverse et qu'elle s'empresse d'insrire à son répertoire. Devant l'accueil chaleureux que lui réserve le public, elle se spécialise de plus en plus dans ce type de chansons, qu'elle qualifie elle-même de blues. En 1904, elle se marie avec le danseur et comique William " Pa " Rainey avant de former ensemble le duo Pa & Ma Rainey. Elle figure ensuite dans les meilleurs spectacles de vaudeville, le cirque Tolliver, Les Rabbit Foot Minstrels où elle conseille la jeune Bessie Smith.

      Ma Rainey semble avoir progressivement chanté les blues de fin de soirée dans ces divers shows, de façon si déchirante que son sobriquet de " Ma " devient " Mère du Blues ".

      Femme corpulente, elle affiche une bouche sertie de dents en or, des doigts chargés de bagues et un cou de diamants. Champion Jack Dupree, qui était allé la voir dans son enfance, en dresse un portrait très vivace : "C'était vraiment une femme affreuse. Mais quand elle ouvrait la bouche, elle vous captivait aussitôt et vous faisait tout oublier. Elle savait comment chanter le blues et cela vous allait droit au cœur ".

      Jusque vers 1930, la Rainey a été la véritable "Reine du Sud". Elle se produit alors dans les plus grandes salles, à Nashville, Pittsburgh, Birmingham... Elle se déplace avec un équipage fabuleux, de préférence vers le Sud où se trouve son vrai public, celui qui écarquille les yeux devant le faste de ses revues et pleure en l'entendant gémir ses blues réalistes.

      Comme tant de consoeurs, elle ne résistera pas aux changements de modes et à la crise économique. Voyant qu'elle ne parvenait pas à retrouver sa popularité, Ma abandonne la scène et le studio pour se consacrer à la gestion des deux salles de spectacle qu'elle avait acheter à Colombus, tout en continuant à organiser ses revues itinérantes jusqu'en 1935.

      Durant sa brève carrière discographique (1923- 28), Ma Rainey a enregistré une centaine de titres, surtout des blues. Sa sincérité, sa voix profonde, son ton grave font la réussite de nombre de ses disques malgré des accompagnements aujourd'hui bien désuets. Elle s'est entourée de certains des meilleurs musiciens de l'époque et son influence sera au moins aussi importante que celle de Bessie Smith, notamment sur Memphis Minnie, Jimmie Rodgers, Tampa Red.

      Morte le 22 Décembre 1939 à Columbus, Georgie.


    http://www.adil-blues.com/collection/biographie-ma-rainey.php


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 15:56

    Robert Johnson



      Robert Johnson (né le 8 mai 1911 et mort le 16 août 1938) était un guitariste et chanteur de blues américain. Bien que n'ayant commencé à enregistrer que trois ans avant sa mort, Robert Johnson est devenu une légende et une grande source d'inspiration pour des artistes tels que Led Zeppelin, Bob Dylan, The Rolling Stones ou encore Eric Clapton et Cream.

      Robert Johnson est né dans le delta du Mississippi dans le village de Hazlehurst de Julia Dodds et de Noah Johnson. Sa date de naissance n'est pas connue avec précision, les traces qu'il a laissées suggèrent des dates allant de 1909 à 1912.

      Alors qu'il était encore nourrisson, sa mère et sa sœur Carrie quittent son père et vivent sur la route travaillant d'un champ à un autre pendant plusieurs saisons avant de s'établir à Memphis chez un certain Charles Spencer. Spencer vit alors avec sa femme et sa maîtresse et les enfants de chacune d'entre elles. Bien qu'aucune tension n'ait été relatée entre les deux femmes, la mère de Robert quitte la maison des Spencer sans ses enfants. Robert vit à Memphis chez Charles Spencer jusqu'en 1918 date à laquelle le caractère obstiné de Robert convainc son hôte que la présence de sa mère pour l'élever s'avère nécessaire.

      Robert, qui a pris le nom de Spencer, part donc pour Robinsonville, une communauté cotonière du nord du Mississippi à 20 miles au sud de Memphis. Il y passe la fin de son enfance en compagnie de sa mère et de son nouveau beau-père, Willie "Dusty" Willis, qui a épousé sa mère en octobre 1916. C'est à cette époque que Robert s'intéresse à la musique. Après un premier essai de la guimbarde, il l'abandonne rapidement au profit de l'harmonica qui devient son instrument principal. C'est également pendant son adolescence qu'il apprend l'existence de son véritable père et commence à se faire appeler Johnson (il continue cependant à utiliser le nom de Spencer jusqu'au milieu des années 1920 notamment à l'école qu'il quitte rapidement à cause de problèmes de vue).

      À la fin des années 1920, il se met à la guitare et se confectionne un support pour son harmonica afin d'utiliser les deux instruments simultanément. La chanson de Leroy Carr, How Long-How Long Blues, semble être une de ses favorites à cette époque pour s'exercer à la musique. Dans ses débuts de musicien à Robinsonville, Robert reçoit l'aide de Willie Brown et de l'inévitable Charley Patton notamment.

      Bien que Robert se passionne pour la musique, il ne se considère que comme un paysan lorsqu'il épouse, en février 1929, Virginia Travis à Penton dans le Mississippi. Ils s'installent alors dans une maison en compagnie de la sœur aînée de Robert, Bessie, et de son mari sur la plantation de Kline à l'est de Robinsonville.

      Virginia tombe enceinte durant l'été 1929 mais elle meurt, à 16 ans, avec son enfant lors de l'accouchement en avril 1930.

      C'est en 1931 qu'il rencontre Son House pour la première fois. Ce dernier, l'écoutant jouer, le ridiculise ("tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens") et lui conseille d'abandonner la guitare pour se concentrer sur l'harmonica. Peu de temps après cet affront, il quitte Robinsonville pour sa ville natale Hazlehurst dans laquelle il espère retrouver la trace de son véritable père.

      À Hazlehurst, Robert tombe entre les mains du bluesman Ike Zinnerman qui devient son mentor. Par ailleurs, étant beau garçon, il ne met pas beaucoup de temps à rencontrer une nouvelle femme, Calletta "Callie" Craft, de dix ans son aînée, qu'il épouse en secret en mai 1931. Callie idolâtre Robert et s'occupe de toute son intendance cuisinant et travaillant pour lui. Ceci laisse beaucoup de temps à Robert pour travailler la musique auprès de Ike. Le samedi soir, il se rend dans les tavernes, parfois accompagné de Callie, pour jouer toute la nuit. Il commence alors à obtenir un certain respect en tant que musicien et se fait un nom sous les initiales de R.L. (pour Robert Lonnie du nom d'un musicien plus célèbre également appelé Johnson).

      Robert revient finalement à Robinsonville deux ans après l'avoir quitté. Son House est abasourdi par les progrès réalisés par le guitariste avouant même qu'il est maintenant dépassé. C'est à cause de ces progrès stupéfiants que la légende du pacte avec le diable va naître à une époque où le vaudou est encore très vivace dans la communauté noire du Mississipi.

      Robert Johnson va profiter de cette rumeur pour mettre en place la légende. Un jour, il réunit quelques amis au coin d'un bois et leur raconte ce qui va devenir sa légende : un soir très sombre alors qu'il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississipi, il se perdit à un carrefour (crossroads en anglais) alors qu'il commençait à s'endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l'apparition se pencha, prit sa guitare, l'accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l'instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud.

      Robinsonville étant principalement une ville de paysans, Robert se rend compte qu'il ne souhaite pas travailler dans les champs et décide donc de partir pour mener sa vie de musicien. Ceci l'amène à voyager dans tout le delta du Mississippi et il finit par s'établir (bien que n'arrêtant jamais de voyager) à Helena chez Estella Coleman l'une de ses maîtresses. Robert prend d'ailleurs sous son aile le fils d'Estella qui porte le même prénom que lui, Robert Lockwood Jr., et l'aide à améliorer son jeu.

      Helena est une ville très riche musicalement et Robert côtoie des artistes tels que Sonny Boy Williamson II, Robert Nighthawk, Elmore James, Howlin' Wolf ou encore Johnny Shines avec qui il s'associe un moment. Johnny Shines dira sur cette période : "Nous étions sur la route des jours et des jours, sans argent et parfois sans nourriture, cherchant un endroit décent pour passer la nuit. On jouait dans des rues poussièreuses et des bars crasseux, et tandis que j'étais à bout de souffle et me voyais vivre comme un chien, il y avait Robert tout propre comme s'il sortait d'une église le dimanche!".

      Vers le milieu des années 1930, Robert Johnson est musicien professionnel depuis plusieurs années, il jouit d'une certaine célébrité dans la région et souhaite enregistrer des disques comme ses références Willie Brown, Son House et Charley Patton. Robert auditionne alors pour H. C. Speir à son magasin de musique. Speir détient un accord avec American Record Company mais pour diverses raisons il prend seulement son nom et son adresse et les transmet à Ernie Oertle d'American Record Company. Après une nouvelle audition, Oertle décide de l'enregistrer à San Antonio.

      La première session d'enregistrement de Robert est réalisée en novembre 1936 par Don Law. Il enregistre ainsi Terraplane Blues une de ses chansons les plus connues qui devient rapidement un succès pour le label Vocalion Records. Il est rappelé au Texas en juin, mais bien que Don Law apporte le meilleur matériel en sa possession, rien n'égale le succès de Terraplane.

      Bien que six des onze enregistrements de Johnson soient encore au catalogue de Vocalion en décembre 1938, il n'est pas rappelé ni le printemps, ni l'été suivant.

      Il meurt en 1938 dans des circonstances mystérieuses. Certains estiment qu'il a été empoisonné par un mari jaloux, d'autres qu'il a succombé à la syphilis, les deux versions étant aussi vraisemblables l'une que l'autre compte tenu de ce que l'on sait de la vie de ce bluesman légendaire ! Quatre ans plus tard, un cyclone ravageait les lieux de sa mort.

      Le jeu de guitare de Johnson en plus d'être adroit et véloce présentait une certaine originalité comme l'utilisation des cordes basses pour créer un rythme entraînant comme par exemple sur la chanson Sweet Home Chicago. Il utilisait beaucoup les accords ouverts. Par ailleurs, sa voix était également étonnemment haute.

      Les influences de Johnson sont principalement à chercher du côté de Son House mais aussi de Skip James ou Lonnie Johnson.

      Johnson est fréquemment cité comme "the greatest blues singer of all time" ("le meilleur chanteur de blues de tous les temps") ou même comme le musicien le plus important du XXe siècle, cependant beaucoup d'auditeurs restent déçus à la première écoute de ses morceaux. Cette réaction peut être due à une relative méconnaissance de l'émotion brute et de la forme épurée du Delta blues ou tout simplement à cause de la qualité de l'enregistrement médiocre comparée aux standards de production actuels.




    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Johnson


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire
    avatar
    marina
    Co-Administratrice
    Co-Administratrice

    Féminin
    Nombre de messages : 2570
    Age : 33
    Localisation : Quelque part, entre ailleurs et ici...
    Date d'inscription : 26/09/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par marina le Mer 25 Oct 2006 - 23:51

    Oh merci pour tous ces renseignements Mina, j'avais été voir qui ils étaient, mais pas de façon aussi développée!


    _________________
    Mon site sur Caroline Quine (série Alice-Nancy Drew):
    http://www.carolinequine.com/
    avatar
    Mina
    Admin
    Admin

    Féminin
    Nombre de messages : 5993
    Age : 31
    Localisation : Alger
    Date d'inscription : 11/06/2006

    Re: Cent ans de plus

    Message par Mina le Mer 25 Oct 2006 - 23:55

    En regroupant leur bio' ici, j'ai constaté, que tous ces hommes se sont croisés à un moment donné de leur carrière

    et ils ont beaucoup de point commun

    et surtout, tout ça en dit long sur les gouts musicaux de Francis :afro: le Blues


    _________________
    Y a des moments tellement beaux
    Y a que le silence pour le dire

    Contenu sponsorisé

    Re: Cent ans de plus

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Ven 26 Mai 2017 - 17:50