Forum sur l'oeuvre de Francis Cabrel

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 LE NOUVEL OBSERVATEUR

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MessageSujet: LE NOUVEL OBSERVATEUR   Mer 26 Mar 2008 - 21:40

cheers cheers cheers cheers cheers cheers

Voilà l'interview qui va paraître dans le Nouvel Obs. demain

L'introduction est flatteuse, je trouve, et Francis le mérite bien.

Voici le lien :

http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2264/a370879.html

study study study study study

Rencontre avec Francis Cabrel

On l'aime à mourir




Avec «Des roses et des orties», son magnifique nouvel album, le Dylan du Lot-et-Garonne interroge Dieu et en appelle, une fois encore, à la justice et à la fraternité



Le nouveau disque de Francis Cabrel s'ouvre sur «la Robe et l'Echelle», une chanson mélancolique, écolo, un peu coquine. C'est un chef-d'oeuvre. Le reste de l'album ne dépare pas - dix créations et trois adaptations, le tout arrangé avec un soin méticuleux par Michel Françoise. Preuve est faite que l'illustre homme d'Astaffort progresse, encore et toujours. Trente ans après la sortie de son premier album, notre Dylan du Lot-et-Garonne se préoccupe toujours du sort de ses contemporains et tente d'apaiser leurs maux par l'art. Et la voix familière de Francis Cabrel distribue «Des roses et des orties», accompagnée par une colonie de guitares, de mandolines et d'ukulélés.

Le Nouvel Observateur. - Le problème de l'immigration revient dans deux chansons, «African Tour» et «les Cardinaux en costume». Pourquoi ce sujet vous touchet-il autant ?
Francis Cabrel. - Dans la première, un homme en détresse s'éloigne définitivement de son village natal pour un monde qu'il espère meilleur. Dans la seconde, l'exilé survit en France, où les autorités le menacent d'expulsion. Quand on veut maintenir des quotas d'immigration, j'imagine qu'on n'étudie pas les dossiers au cas par cas. Pour moi, ça revient à légaliser une forme de violence qui va à rencontre des valeurs catholiques, basiques et humaines qui nous ont été inculquées dès l'enfance comme «aime ton prochain comme toi-même». Je ne suis pas un catholique convaincu, mais je n'oublie pas les fondamentaux : il nous incombe de nous préoccuper de l'autre et de son désarroi.
N. O. - Avez-vous d'autres moyens que vos chansons pour vous battre contre ces injustices ?
F. Cabrel. - Aucun. J'admire les artistes qui montent au créneau, comme ceux qui sont allés récemment soutenir les familles sans logis qui campaient rue de la Banque. Les situations violentes m'effraient. Je n'ai pas le courage d'affronter la foule et de revendiquer haut et fort mes opinions face aux caméras. Je n'ai pas de discours, j'ai peu de répondant à l'oral. Je ne suis pas un meneur, je suis plutôt quelqu'un qui prend le temps de réfléchir. Pour écrire une chanson, je mets un an pour trouver les mots justes et mettre mes idées en ordre.
N. O. - Dans une autre chanson, on vous retrouve adossé à un «Chêne-Liège». A quoi pensez-vous à ce moment-là ?
F. Cabrel. - J'interroge Dieu. Je ne lui en veux pas, je lui en veux d'autant moins que je ne suis pas certain de croire en lui. Je ne peux jurer de rien, comme ne peuvent jurer de rien les gens qui nous assènent des vérités absolues. Au catéchisme, pendant des années, on m'a asséné tant de vérités prétendument indéboulonnables... Il n'était pas question de douter une seconde de cet enseignement alors que nous n'avons aucune certitude. Dans cette chanson, je me demande si le ciel ne serait pas vide, mais je déplore surtout l'exploitation que certains ont faite des croyants pour monter leur commerce. La religion catholique est la seule à avoir généré cette caste influente et richissime, une sorte d'aristocratie dont l'attitude n'est pas toujours en accord avec la parole du Christ.
N. O. - le catéchisme vous a donc tellement marqué ?
F. Cabrel. - Entre 6 et 12 ans environ, j'y suis allé toutes les semaines, et j'ai assisté à la messe chaque dimanche. Si j'ai finalement peu étudié la religion, j'y ai beaucoup réfléchi plus tard. Vers 25 ou 30 ans, j'ai pris du recul, et je me suis demandé ce qu'il y avait de vrai là-dedans. J'ai conservé les principes de base, mais le doute s'est amplifié avec mon implication politique dans les années 1970-1980. Pour l'ultra-gauche, à laquelle j'appartenais, la religion était considérée comme l'opium du peuple. Ensuite, j'ai pris plus de distance encore pour essayer de discerner une possible vérité.
N. O. - Qu'est devenue votre conscience politique de ces années-là justement ?
F. Cabrel. - Elle a évolué, mais je pense toujours que la gauche en France n'est pas dans un parti institutionnel comme le PS, qui est en porte-à-faux sur de nombreux sujets, dont le partage des richesses. Pour conquérir son électorat, il doit louvoyer et composer. Le PS est fait de différents canaux, de plusieurs courants concurrents. Ses chefs n'arrivent même pas à se mettre d'accord sur l'Europe ! Je pense que l'extrême-gauche est la seule à être intransigeante et claire dans ses idées, raison pour laquelle elle est de plus en plus écoutée. Son discours social est le seul que l'on puisse tenir et entendre à gauche aujourd'hui. Mais pourquoi je parle de ça, au fait ?
N. O. - Ca vous met mal à l'aise ?
F. Cabrel. - Un peu, parce que j'écris des ritournelles toutes simples, en m'efforçant justement de ne pas entrer dans le détail politique. Les idées qui sous-tendent mes chansons sont plutôt de l'ordre de la fraternité et de l'humanité, valeurs qui dépassent les clivages politiques. On peut être à la fois très humain et voter à droite, la bonté n'a pas de couleur politique. Le fait de juger insupportable qu'un Africain soit exclu de façon brutale et sans la moindre réflexion à son égard sous prétexte qu'il n'a aucun diplôme est un sentiment qui ne devrait être ni de gauche ni de droite. J'aimerais qu'il en soit ainsi.
N. O. - A toutes ces injustices vous répondez par la beauté ?
F. Cabrel. - Par une forme artistique, oui. C'est vrai, la beauté me sauve. La chanson, qui est toujours décrite comme mineure, légère et provisoire, est la seule forme artistique que je «maîtrise». Mon salut passe par une tentative de poésie, même si j'ai conscience que ce n'est pas un remède à tous les maux de la société. Cependant, je reste persuadé que l'écoute plus attentive de son voisin, quel qu'il soit, constitue une première solution. Eduquons les gens à cela.
N. O. - Pourquoi trois reprises dans ce disque ?
F. Cabrel. - Par paresse. Les chansons rapides sont très compliquées à écrire. Je l'ai fait par le passé avec «la Dame de Haute-Savoie» ou «Sarbacane», mais c'est très difficile à réussir parce que la langue française swingue peu. C'est important de passer par plusieurs humeurs sur un album alors, pour obtenir un rock comme je les aime, je choisis des chansons toutes faites que j'adapte. Je n'ai qu'à traduire le texte en respectant la place des accents toniques. J'ai toujours fait des adaptations, il y en a une pratiquement sur chacun de mes albums. J'ai choisi la chanson de J. J. Cale pour ses vertus scéniques et celle de Dylan parce que Dylan est mon obsession depuis que j'ai 15 ans. La troisième, «Born On the Bayou», est un hit de Creedence Clearwater Revival, groupe dont je reprenais déjà le répertoire quand j'étais chanteur de bal. Chaque fois que j'écris un album, il me semble essentiel de rendre hommage à mes pères fondateurs John Fogerty, James Taylor et Bob Dylan. Brassens n'est venu qu'après, ce qui fait que je n'ai eu l'amour du mot qu'après la passion de la musique.
N. O. - Dans «Des gens formidables», vous dites en substance que les chanteurs sont bien peu de chose. Par excès de modestie ?
F. Cabrel. - Je tiens beaucoup à cette chanson, qui est la première que j'ai écrite pour l'album, c'est même son point de départ. On se croit grands et importants parce que le succès nous a inévitablement déformés. Nous sommes sans cesse flattés, mis en évidence, on s'écarte pour nous laisser passer. Ca nous incite à penser que nous sommes des êtres supérieurs. J'ai écrit cette chanson pour rappeler que nous pouvons également être faibles, lâches et parfois inintéressants.
N. O. - Quand vous dites : «On écrit des chansons qui se fanent et on se fane avec elles», vous oubliez toutes celles qui restent...
F. Cabrel. - J'imagine le pire. Il faut se persuader que nous ne sommes pas grand-chose pour se réserver la bonne surprise, un jour, d'avoir une chanson qui conserve sa fraîcheur et qui demeure. Mais ça reste un miracle, il y aura toujours plus de chansons qui se fanent que de morceaux éternels.


CD : «Des roses et des orties» (Columbia/Sony-BMG) .


Sophie Delassein

Le Nouvel Observateur - 2264 - 27/03/2008
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Mina
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MessageSujet: Re: LE NOUVEL OBSERVATEUR   Mer 26 Mar 2008 - 22:42

merci2 Parenthèse

"le Dylan du Lot-et-Garonne" lol!

_________________
Y a des moments tellement beaux
Y a que le silence pour le dire
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